« Rio est différent de ce que nous avons vu à la télé »

Intense. Enrichissant. Plein de contrastes. Voilà comment cinq élèves belges ont décrit leur voyage au Brésil. Ils s’y sont rendus cet été en tant qu’ambassadeurs de l’ASBL Zuiddag afin de visiter les favelas de Rio de Janeiro.

Cette année, Zuiddag a choisi le projet Pamen comme partenaire de campagne. Celui-ci est soutenu par KIYO, une ONG belge qui défend les droits des enfants. Ce projet se concentre entre autres sur les jeunes de Jardim Gramacho, une favela de Rio Janeiro, où se trouve la plus grande décharge à ciel ouvert d’Amérique du Sud. 

Immersion

En tant que préparation à la journée Zuiddag, l’organisation choisit chaque année quatre ou cinq adolescents qui partent en voyage d’immersion. Ils découvrent ainsi le projet mais rencontrent également les jeunes qui s’engagent sur place. Ces derniers se rendent à leur tour en Belgique au mois d’octobre.

Rupert, Thomas, Femke, Marie et Kaat étaient les heureux élus de cette année. « Nous avons composé un groupe varié et complémentaire », éclaire Lies Corneillie, spécialiste en participation de la jeunesse pour Zuiddag. « Nos ambassadeurs ont beaucoup de qualités positives et se complètent parfaitement. »

Tout en contraste

Début février, les cinq adolescents belges ont donc reçu la bonne nouvelle. Ils pouvaient partir pour Rio ! En guise de préparation, ils ont suivi plusieurs ateliers afin de mieux connaître le pays. « Nous avons eu quelques leçons de portugais et discuté avec de jeunes brésiliens sur Skype. Nous étions également en contact sur les médias sociaux. Cela nous a permis d’avoir directement une bonne image de leur environnement », explique Rupert. 

Ils se sont envolés pour Rio de Janeiro le 16 juillet, quelques jours à peine avant le début des Jeux Olympiques. « Une arrivée très contrastante. D’un côté, on voit des places super propres, où l’on ramasse soigneusement les feuilles qui tombent », raconte Lies, la spécialiste en participation de la jeunesse. « De l’autre côté, on se trouve dans la décharge publique entre des montagnes de déchets. »   

Retour sur terre

Un monde de différences qui n’a pas échappé non plus aux adolescents. Le premier jour, ils ont visité en tant que touristes les plus beaux endroits de la grande ville. « Nous avons aussi fait connaissance avec les Brésiliens avec qui nous allions travailler pendant le voyage. Une rencontre désinvolte. Jusqu’au lendemain, où l’on s’est rendus chez eux, dans la favela de Jardim Gramacho. On redescend très vite sur terre », estime Thomas.

Pour leur visite de la décharge publique de Jardim Gramacho, les cinq adolescents avaient reçu des consignes supplémentaires. « Il fallait porter des vêtements sobres et ne pas se comporter comme des touristes. Nous devions aussi faire attention à nos expressions faciales et corporelles. Si nous trouvions quelque chose sale ou étrange, il ne fallait pas que cela se remarque » explique Rupert. « C’est très blessant pour les habitants. »

Faire bloc contre la discrimination

Les jours suivants, les ambassadeurs Zuiddag ont découvert les projets locaux. Les jeunes engagés des favelas y mènent une lutte impitoyable contre la discrimination. Ils se démènent dans le but de donner des opportunités aux enfants, et veillent également à ce qu’ils aillent à l’école. Par ailleurs, ils forment des garçons et des filles à devenir des leaders actifs qui déterminent en partie la politique en matière de jeunesse.

Les jeunes font également bloc contre le travail infantile et l’exploitation sexuelle des mineurs lors de grands événements tels que les Jeux Olympiques. « La seule conclusion, quand on voit tout ça, c’est que nous pouvons nous estimer heureux ici, en Belgique », pense Thomas. 

Pour leur visite de la décharge publique de Jardim Gramacho, les cinq adolescents ont du faire attention à certaines choses. « Il fallait porter des vêtements sobres. Nous étions invités chez l’habitant ; et là, on ne se comporte pas comme un touriste. Nous faisions également attention à nos expressions faciales et corporelles. Si nous trouvions quelque chose sale ou étrange, nous ne laissions rien paraître » explique Rupert. « Par respect pour les habitants. » 

Apporter le changement ensemble

Au début, le contact avec la jeunesse locale a été difficile. Mais cela s’est rapidement amélioré. « Nous avions appris quelques mots de portugais, ils parlaient un peu anglais », entame Thomas. Rupert approuve : « Je n’ai pas la bosse des langues, mais nous utilisions des apps telles que Google Translate afin de nous faire comprendre. Aujourd’hui, on se débrouille pas mal en portugais », rigole-t-il.

Même si le voyage est derrière eux, les jeunes belges et brésiliens restent en contact. Une bonne chose, car une délégation de Rio se rendra en octobre en Belgique afin d’expliquer le projet.« Nous donnerons déjà une présentation le 13 septembre à tous les nouveaux ambassadeurs de Zuiddag », complète Rupert. « Par après, nous nous rendrons également dans différentes écoles participantes. »

Corps et âme

Cette suite est indispensable, car l’histoire des ambassadeurs ne se termine pas à Rio. Lies Corneillie : « Tous les élèves de l’enseignement secondaire entre 16 et 19 ans peuvent devenir ambassadeurs de Zuiddag, à condition qu’ils se lancent en toute conviction dans l’aventure et s’engagent à 100 %. Les jeunes ne doivent pas disposer de tonnes d’expérience, mais doivent montrer qu’ils représentent le projet corps et âme. » 

Thomas en est la preuve vivante. « Nous voulons faire comprendre à nos camarades de classe que le Brésil est différent de ce qu’ils ont vu à la télé cet été. Il y a des problèmes qui doivent être traités. Et nous leur donnerons peut-être envie de changer cela ensemble ! » 

Zuiddag inleefreis

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