En immersion en Colombie

Une délégation de la Collibri Foundation et de caféiculteurs burundais se sont rendus en Colombie. Durant une semaine, ils ont découvert la culture du café et nos projets de formation sur place. Compte-rendu d’un voyage unique. À lire sans modération.

Samedi 25 février. L’avion atterrit à Bogota où Marcela et Magda de la FNC (Federación Nacional de Cafeteros de Colombia) attendent la délégation. Le point de départ d’un voyage intense et particulièrement enrichissant pour tous ! Les membres de la Collibri Foundation ont pu voir de leurs propres yeux les résultats concrets des trois projets lancés en 2004. Les Burundais sont quant à eux rentrés chez eux riches d’expériences qu’ils pourront mettre à profit dans leur pays. Armés de crème solaire et de lait anti-moustique, nous avons commencé notre visite à Puente Nacional. 

 

Les écoles

Entre 2010 et 2012, la Collibri Foundation a mené un projet mettant l’accent sur l’utilisation des programmes informatiques pour produire du café de manière durable à l’école Las Delicias de Puente Nacional. La visite de notre délégation internationale constituait sans nul doute l’événement de l’année pour la communauté. Nous étions tous impressionnés par l’importance accordée à notre visite. La gratitude de toute la communauté était palpable. Tout le monde là-bas était très fier et avait le sentiment d’avoir contribué à la réussite du projet.

« Les deux responsables de formation burundais ont pu découvrir comment les Colombiens luttent contre l’exode rural des jeunes. Et comment ils motivent les jeunes à travailler dans la filière du café », explique Edith de la Fondation Roi Baudouin. « Pour les Colombiens, il était intéressant d’entendre qu’ils sont un bon exemple à suivre. Ils étaient également très fiers de pouvoir montrer comment ils procèdent. »

Nous avons tout d’abord visité le Colegio Delicias Sede « D », l’une des écoles satellites du Colegio Delicias. L’école principale a créé 8 écoles satellites afin que tous les étudiants aient la chance d’aller à l’école. Dans la région, la plupart des élèves se rendent à l’école à pied. En limitant la distance, beaucoup plus d’enfants peuvent donc avoir accès à l’enseignement.

Au sein même du Colegio Delicias, un accueil impressionnant nous a été réservé avec les hymnes nationaux et les drapeaux des trois pays. Nous avons été surpris de voir que des questions relatives à la production de café sont intégrées dans les cours de mathématiques, de physique et de chimie, tout en utilisant les outils informatiques du projet. Un avantage certain pour une école fréquentée majoritairement par des enfants de caféiculteurs.

« En dehors des heures d’école, les adultes peuvent aussi y suivre des formations. Les Colombiens organisent l’enseignement de manière très structurée et veulent vraiment faire des progrès », constate l’ambassadeur Kris.

Deux jours plus tard, nous nous sommes rendus à l’école Florentino Gonzalez, où la Collibri Foundation a démarré un projet en 2014. Là aussi, nous avons été accueillis chaleureusement par les étudiants qui nous ont présenté une danse traditionnelle. Chaque membre de la délégation internationale a également reçu un cadeau : un bracelet fabriqué par les enfants avec les drapeaux de la Colombie, du Burundi et de la Belgique, des friandises et produits locaux, des dessins, des photos et bien sûr… du café !

Ensuite, nous avons eu droit à une visite guidée de l’école durant laquelle nous avons participé à une démonstration sur l’utilisation de Google Earth pour mesurer le terrain et la plantation de café. 

« Nous avons suivi un cours à l’école Florentino González sur la façon dont on calcule le rendement optimal d’une plantation de café à l’aide d’Excel et de Google Earth », raconte l’ambassadeur Kris. « Un exemple qui montre bien que le voyage était complètement placé sous le signe du café. On a aussi vraiment remarqué que les caféiculteurs colombiens et burundais sont prédestinés à se rencontrer. Et ils montrent un grand intérêt pour l’approche du travail de chacun. »

Le sixième jour, nous avons visité l’école El Bosque où nous avons lancé notre premier projet de formation en Colombie en 2004. Nous avons été reçus par des élèves enthousiastes avec des drapeaux et des discours des enseignants et du directeur. Nous avons une nouvelle fois compris à quel point ce projet était important aux yeux de la communauté de caféiculteurs. Une éducation ciblée a vraiment permis d’apporter une solution structurée aux jeunes pour évoluer dans une fonction dans la culture du café. 

Les fermes

En plus des écoles, nous avons visité de nombreuses fermes. Le deuxième jour, nous avons découvert celle de Yolanda. Nous avons assisté à une démonstration sur la technique du triangle, la manière idéale pour planter les plants de café. Les instructeurs ont en outre insisté sur l’importance de cultiver plusieurs plants afin d’avoir des récoltes toute l’année. Dans cette région, les habitants cultivent le café à l’ombre des plants de bananes et de maïs. Le maïs est placé entre les jeunes plants de café. Une fois que les plants de café atteignent une certaine hauteur, le maïs est remplacé par les bananes. Ils plantent également souvent du manioc entre les plants de café.

Ces techniques ont surpris nos amis burundais. Pour eux, il s’agit d’un exemple concret qui peut leur permettre d’augmenter leur rendement. Grâce aux Colombiens, ils ont appris que cultiver le café en même temps que d’autres plants sur la même surface n’a aucune influence sur le goût du café.

« Les Burundais se sont montrés particulièrement intéressés et n’ont pas arrêté de poser des questions », se remémore l’ambassadeur Jonas. « J’ai pu déduire des différentes conversations qu’ils convertiront directement cette inspiration en réalisations. Lors des déplacements en car, ils étaient déjà en train d’élaborer des projets concrets. »

Le cinquième jour de notre voyage, nous avons visité la ferme qui entretient des liens étroits avec l’école Florentino Gonzalez. Nous y avons suivi trois ateliers avec les élèves. Lors d’une formation sociale, nous avons découvert la dynamique de groupe. Lors d’un deuxième atelier, nous avons essayé le kit portable de la FNC, qui a été acheté grâce au projet et qui sert à tester la qualité du café sur place. Lors d’un autre atelier technique, nous avons reçu davantage d’explications sur la boîte à outils pour laver et fermenter le café, que chaque jeune reçoit de la FNC. La délégation burundaise a également reçu cette boîte à outils en cadeau.

« Les Burundais sont prêts à relever de nombreux défis », raconte Jonas. « Je suis fermement convaincu qu’ils sauront faire face à tous les obstacles qui se dresseront devant eux. Ils sont vraiment déterminés et cela se voit au feu qu’ils ont dans les yeux quand ils parlent de café. »

De la culture à la vente

Après la récolte et le traitement dans les fermes, les grains de café doivent bien entendu être vendus. Mais la qualité doit d’abord être contrôlée. C’est ce que nous avons appris dans le laboratoire de qualité de Socorro. Les caféiculteurs peuvent faire tester un échantillon de leur café et recevoir des conseils pour améliorer leur production. Dans le même bâtiment se trouve aussi un bureau de consultance. Nous y avons suivi deux sessions : l’une au sujet de la rénovation d’une plantation et l’autre sur le traitement des sols. Les caféiculteurs bénéficient d’un encadrement personnalisé et peuvent participer à des ateliers pour trouver une solution à leurs problèmes.

À la fin du voyage, nous avons visité l’Almacafé. Cette entreprise logistique est un maillon important dans le trajet effectué par les grains de café. Elle achète du café aux coopératives et le stocke. Un dernier contrôle qualité y est effectué avant que le café ne soit exporté vers l’atelier de torréfaction de Colruyt Group par exemple.

Énergie positive

Lors de notre visite, nous avons constaté qu’il y avait beaucoup de respect mutuel entre les personnes - fermiers, cadres, enfants, jeunes ou adultes. On essaie de déceler le talent dans chaque individu afin de construire un avenir meilleur. Cette énergie positive est communicative. 

Sur le mur d’une école, nous avons pu lire : « L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde ». Et les trois écoles colombiennes nous l’ont prouvé. Les jeunes croient de nouveau en un avenir dans la culture du café. Et avec le bon encadrement, la réussite est assurée. En plus de l’énergie positive, les visiteurs burundais sont repartis avec des idées plein la tête.

« Nous étions une délégation internationale composée de 12 personnes et accompagnée en permanence de 3 personnes de la FNC. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus. Grâce  à l’accueil chaleureux des Colombiens, nous nous sommes directement sentis comme à la maison. Cela a contribué à rendre l’échange captivant », explique Dorien de la Fondation EFICO.

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