De retour sur les bancs de l’école avec un esprit ouvert

Comment se portent nos 26 élèves bruxellois du projet BOOST ? Els Tijskens et Ophélie Amelin, field managers, s’épanchent sur l’année passée et celle à venir.

Ophélie : « Des 15 élèves francophones, 11 ont réussi en première session. Les quatre autres ont eu des examens de passage et ont bénéficié d’un accompagnement supplémentaire de la part d’enseignants. Trois d’entre eux ont réussi. 14 jeunes entament donc maintenant leur sixième secondaire et se plongent dans la troisième année du trajet BOOST. »

Els : « Dans le groupe néerlandophone, 7 des 11 jeunes ont réussi. Deux vont se réorienter de sorte qu’ils puissent quand même terminer le troisième degré en un an. »

La première année s’est surtout concentrée sur la connaissance de soi, la confiance en soi et la maîtrise des langues. Quel était le point d’attention pour l’année précédente ?

Ophélie : « L’année dernière, nous nous sommes avant tout concentrés sur l’orientation scolaire et professionnelle. En collaboration avec Randstad, nous avons organisé des ateliers et mis les jeunes en contact avec des professionnels venus témoigner sur leur carrière. Pour conclure l’année, nous sommes allés visiter une entreprise. Une partie du groupe est allée chez Randstad, l’autre à l’hôpital Brugmann. »

Els : « La maîtrise des langues reste un point d’attention très important pendant trois ans. Nombre de nos jeunes sont issus de l’immigration et ne parlent pas le néerlandais à la maison. Au plus ils vont avancer dans l’enseignement, plus ils vont rencontrer des problèmes. Il y a encore beaucoup de décrochage en cinquième secondaire. La dernière semaine de juin, nous avons même organisé un cours d’été de néerlandais, en collaboration avec l’Institut des Langues Vivantes de la KU Leuven. Une sorte d’immersion linguistique où des supports sont avant tout fournis afin de travailler par soi-même. »

Els, vous êtes aussi allés rendre visite à des entreprises ?

Els : « Nous l’avons abordé d’une manière un peu différente : le dernier de nos cinq ateliers avec Randstad était baptisé "Une visite sur le lieu de votre job de rêve". Nous avons demandé aux jeunes qui il voulaient vraiment rencontrer. Nous sommes ainsi allés chez un directeur d’hôtel, dans un hôpital, chez Médecins du Monde… L’an dernier, nous avons vraiment mis l’accent sur "ce qui est inconnu est impopulaire". Beaucoup de jeunes sont confrontés à de grandes attentes chez eux, car les parents veulent que leurs enfants obtiennent un bon diplôme. Avec comme débouchés les métiers de médecin, avocat, ingénieur, etc. Mais cela ne correspond pas toujours à la volonté et aux capacités de nos jeunes. »

Ophélie : « Notre volonté cette année était de montrer clairement aux jeunes combien de métiers et de profils différents existent. Un jeune voulait devenir médecin : pour l’ambiance en hôpital, aider les jeunes, etc. Mais entre-temps, il s’est redirigé vers une formation en imagerie médicale, un baccalauréat assez récent. Une autre fille, Fatoumata, pensait aussi à devenir médecin. Mais après avoir visité l’hôpital, elle a vu en quoi consistait vraiment cette fonction. Elle a décidé de se lancer plus tard dans des études d’informatique. Un choix qui correspond d’ailleurs davantage à ses talents et compétences. Une telle visite ou le témoignage d’un professionnel permettent de garder les pieds sur terre, et apportent dans ce sens beaucoup de clarté. »

Sur quoi vous concentrerez-vous cette année ?

Ophélie : « Cette année, le thème central sera "un esprit ouvert" : s’ouvrir au monde et à ses nombreuses possibilités. Au travers d’ateliers, nous voulons donner à nos jeunes une meilleure vision du marché du travail et développer leur esprit critique. Ces ateliers seront toujours dispensés par des experts externes, afin que nos élèves puissent être confrontés à différentes manières de penser. Et, sur cette base, être capable de se créer leur propre avis. Nous prévoyons également une journée du "civisme", lors de laquelle les élèves travailleront pendant une journée chez Oxfam par exemple ou auprès d’une organisation pour sans-abris. Nous encourageons aussi nos jeunes à prendre des initiatives à ce sujet. Ils peuvent naturellement compter sur notre soutien, mais le but est également qu’ils gagnent en autonomie cette année. »

Els : « Nous voulons en effet nous concentrer sur un esprit ouvert cette année, principalement en ce qui concerne l’orientation académique. Ce n’est pas parce que vous avez étudié l’économie en secondaire que vous devez poursuivre dans cette direction. Mais cette ouverture d’esprit est un long processus : nos jeunes entendent souvent ce qu’ils ne peuvent pas faire, beaucoup moins ce dont ils sont capables. De plus, l’offre est tellement grande que cela demande un investissement très lourd de la part des jeunes afin d’explorer tout cela.  En ce qui concerne la journée du "civisme" nous allons organiser quelque chose de semblable, où les jeunes pourront eux-mêmes avancer un projet. Car beaucoup de nos jeunes sont déjà impliqués dans des actions de bénévolat. L’un travaille dans un restaurant social, l’autre est moniteur, quelqu’un a créé une équipe de football dans le quartier Clémenceau… Du bénévolat donc, même si eux n’emploient pas ce terme-là. Et c’est d’ailleurs une constante. Car nombre de nos élèves BOOST prennent beaucoup de responsabilités ou d’autres initiatives… mais n’utilisent pas toujours le même jargon ! » 

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