Colombie-Burundi : les caféiculteurs se découvrent

Éric Uwintwaza se souviendra longtemps de son voyage en Colombie. Autres méthodes de culture. Autre gestion des terres. Autre approche du développement. Une source d’inspiration.

Avant de partir, Éric n’avait pas d’idée précise de ce qu’il allait tirer de ce voyage-découverte en Colombie. Au Burundi, il mène des projets de formation, en collaboration avec les coopératives caféières. Il travaille beaucoup avec les jeunes. Il les amène à perfectionner leurs pratiques agricoles. Il les encourage également à développer leur exploitation. Ce qui passe souvent par un travail sur la confiance en soi… et en l’avenir du secteur caféier.

Partager moi-même mon expérience

Il était donc curieux de voir comment la caféiculture était organisée dans ce pays lointain. Les méthodes agricoles. Le fonctionnement des coopératives. La manière dont celles-ci s’impliquent dans le développement économique et personnel de leurs membres. Éventuellement, leur engagement auprès des jeunes. « J’espérais pouvoir moi-même leur montrer comment je travaille avec les jeunes. Comment j’essaie de les éloigner de la tentation de l’exode rural. » Il n’a pas été déçu. Au contraire.

Encadrement et communication

« J’ai été impressionné par la manière dont ils développent une véritable psychologie de l’encadrement des jeunes, » explique Éric. « Ils les amènent à aimer leur communauté et à s’y attacher de manière à la développer. La deuxième chose qui m’a frappée, c’est la communication que les coopératives ont mis en place avec les caféiculteurs. C’est une communication basée sur la sensibilisation aux enjeux locaux du développement. Mais elle accorde aussi une grande importance à l’information technique. Les vulgarisateurs font un travail formidable sur le plan agricole. »

Tout le monde connaît sa terre

« Ici, tout le monde a conscience des spécificités de son champ, » poursuit-il. « Les paysans savent donc quoi faire de leur terre. Ils ont des outils informatiques pour les assister en la matière. Ceux-ci les aident également à mieux s’organiser, par exemple en fédérant leurs terres pour pouvoir travailler à plus grande échelle. Cette connaissance leur permet d’impliquer les jeunes dans la gestion globale de leur exploitation, et à les y attacher. »

Adapter les expériences colombiennes ?

Au bilan, les différences d’approche ont fortement marqué les esprits burundais. La taille des exploitations, maintenues au-dessus de 5 ha par la loi anti-morcèlement. Le soutien de l’Etat. L’encadrement agronomique par des vulgarisateurs, qui disposent d’outils intéressants (malheureusement en espagnol). Le concept de finca : la plantation est une entreprise et non un patrimoine. Éric voudrait pouvoir adapter au Burundi certaines expériences colombiennes. Notamment la mise en œuvre pour chaque caféiculteur d’une connaissance approfondie de ses terres. Pour une meilleure projection dans l’avenir.

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